La raison de Rome : Naissance de l'esprit critique à la fin de la République (IIe-Ier siècle avant J.-C.)

La raison de Rome : Naissance de l'esprit critique à la fin de la République (IIe-Ier siècle avant J.-C.)

Claudia Moatti

Language: French

Pages: 588

ISBN: 2:00309646

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Au dernier siècle de son histoire (entre le IIe et le Ier s. av. J.-C.), alors qu’elle est emportée par les guerres civiles et les conflits extérieurs, la République romaine connaît une véritable révolution intellectuelle sous le signe des « Lumières ». A cette époque marquée par une ouverture sans précédent sur le monde et par l’intégration massive des Italiens dans le corps civique, la classe dirigeante modifie peu à peu ses questionnements, ses discours, ses pratiques, et s’interroge sur la romanité.Comment penser lorsque les valeurs anciennes et les institutions vacillent ? Comment constituer un État, une mémoire, à partir d’une multitude de peuples et de cultures ? Contre l’éclatement, le désordre et la crise, les Romains en appellent à la Raison, tout à la fois norme, principe de pensée, méthode d’organisation et de classification ; il s découvrent la critique, la pluralité, l’abstraction, cherchent des catégories générales susceptibles de quadriller le réel et d’en appréhender la diversité.C’est dans cette création de formes, dans la construction d’un ordre logique et universel, recouvrant sans les détruire les singularités historiques, que s’impose la modernité de Rome.

Histoire de l'éducation dans l'Antiquité, tome 2

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Cicéron répondait sans aucun doute aux inquiétudes des Italiens, à leur crainte de perdre leur identité. Il leur expliquait qu’au contraire, tout en devenant Romains, ils conservaient chacun leur culture particulière, que le droit n’annulait pas l’histoire, s’il la recouvrait. Cela justifiait l’insistance avec laquelle, dans un traité qui affichait pourtant des ambitions philosophiques, il rappelait ses propres attaches familiales et même ancestrales avec Arpinum, entrée dans la citoyenneté

fait dans le de republica, que la constitution romaine répond presque totalement aux exigences de la loi naturelle. Ainsi, non seulement elle devient la constitution idéale en tant qu’elle rejoint la Raison naturelle, mais elle peut s’étendre à tous et donc reformer, dans l’histoire, l’unité originelle53. C’est en ce sens que le citoyen romain est vraiment homme, et que se romaniser, c’est en quelque sorte passer du statut de Syrien, d’Espagnol, de Gaulois ou d’esclave à celui d’homme : la

débat se poursuivait. Le latin n’était pas véritablement fixé à cette époque et l’on se querellait sur la correction de telle formule, sur l’emploi de telle tournure… Alors que les grammairiens étudiaient l’origine des mots, certains proposaient des innovations : pour parler d’un gardien de temple, les Anciens disent aeditumus, écrit Varron, mais � les beaux esprits modernes (recentes urbani) corrigent en aedituus ». Urbani : ce sont les snobs, les gens de la ville, les � précieux ». Contre ce

antica, Turin, p. 61-84. –, 1988a, � Sapere e testualità nel mondo antico », dans P. Rossi éd., La Memoria del sapere, Rome-Bari, p. 69-98. –, 1988b, � La démonstration géométrique », dans M. Detienne éd., p. 251-272. –, 1992a, � Figura e numero », dans M. Vegetti éd., vol. II, Il Sapere degli antichi, Turin, p. 83-108. –, 1992b, � Le filosofie tra l’impero e il cielo », dans Storia di Roma, II, 3, Turin, p. 321-360. E. CAMPANILE, 1976, � La latinizazione dell’osco », dans Scritti in onore

enseigner des règles générales à l’intérieur desquelles l’individu peut faire des choix, adapter, moduler selon le cas. La première, issue de la seule expérience, s’adresse à la mémoire, la seconde, théorique, au jugement. Un grand débat s’ouvrit alors à Rome pour savoir ce qui pouvait être transformé en art. L’agriculture ? Le droit ? La grammaire ? Le de oratore en témoigne largement : Antoine par exemple contestait que l’éloquence fût un � art » ; son livre regroupait � non pas des préceptes

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