Agrippine : Sexe, crimes et pouvoir dans la Rome Impériale

Agrippine : Sexe, crimes et pouvoir dans la Rome Impériale

Virginie Girod

Language: French

Pages: 301

ISBN: 2:00300724

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Agrippine la Jeune appartient à la lignée des femmes dangereuses, des empoisonneuses, des séductrices, entre Médée et Lady Macbeth. Son plus grand crime ? Avoir porté un monstre à la tête de Rome ! Car Agrippine la Jeune est la mère de Néron, le tyran qu’on accusa de tous les vices, le premier persécuteur des chrétiens. Pour déposer la couronne de lauriers sur la tête de son fils et gouverner Rome à ses côtés, Agrippine souilla ses mains du sang d’innocents, s’offrit à des hommes de toutes conditions pour mieux les manipuler. Hélas, Néron, une fois son pouvoir bien établi, assassina sa démiurge de mère. Mais l’historiographie est trompeuse. Derrière la criminelle sensuelle, derrière la mère indigne, se cache une femme résiliente et intelligente, une femme politique redoutable, déterminée et machiavélique. Le destin d’Agrippine est incroyable. D’illustre naissance, descendante à la fois d’Auguste, de Marc Antoine et de Jules César, elle révolutionna la fonction d’impératrice et prit part au gouvernement de Rome envers et contre tous en dépit de sa condition de femme. Et si c’était là sa plus grande transgression ?

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divorces et des adoptions pour tous les membres de la Domus Augusta sans se soucier le moins du monde des affinités de chacun12. Celle qui se retrouva au cœur de la politique dynastique d’Auguste fut sa fille unique Julie. Elle fut d’abord mariée à son cousin Marcellus. Ce dernier, en devenant le gendre d’Auguste, devenait l’héritier principal, mais le jeune homme mourut prématurément13. Julie fut ensuite mariée à Agrippa, le vieil ami d’Auguste et le stratège de la bataille d’Actium, qui lui

première dame vacante. Il était temps pour Agrippine de concrétiser ses desseins. CHAPITRE VI La conquête de l’Empire L’odeur de la pourpre LE CHEMIN DU PALATIN À l’automne 48, Agrippine allait avoir 33 ans. Elle n’était déjà plus dans la fleur de l’âge selon les critères romains1. Bien qu’elle fût née dans la plus puissante famille de tout l’Occident antique, la vie ne l’avait guère épargnée. Elle avait déjà acquis une solide connaissance de la nature humaine et de ses facettes les plus

ait de bonnes relations avec le sénat afin que celui-ci soutienne son pouvoir22. Pour Eugen Cizek, L’Apocoloquintose de Sénèque serait une réponse aux Mémoires d’Agrippine et inaugurerait la dégradation rapide de leurs rapports23. Agrippine est l’une des rares femmes de son temps à avoir pris la plume. Elle a entrepris de raconter l’histoire de sa famille et la sienne dans un but qui était probablement politique. Cet ouvrage devait contribuer à la légitimation de Néron mais aussi à justifier sa

dans l’épisode consacré à Caligula. Néanmoins, elle apparaît déjà comme la plus froide et la plus déterminée de ses sœurs. Elle ne frémit pas devant son frère même si elle sait qu’il n’est pas dans son intérêt de le contredire. Elle semble déjà méditer sa quête du pouvoir. En 2004, la minisérie Imperium est sans doute celle qui montre Agrippine sous son jour le plus favorable. Même si les scénaristes ont pris de grandes libertés avec les faits historiques, ils ont réussi à doter Agrippine d’un

cit., p. 56 : “Although she had two husbands after Domitius, she produced no more children, possibly unwilling to repeat the agony that she suffered with Nero” (« Bien qu’elle ait eu deux époux après Domitius, elle n’a jamais eu d’autres enfants, peut-être parce qu’elle ne voulait pas revivre les souffrances qu’elle avait endurées pour mettre Néron au monde », traduction de l’auteur). 23. GRIFFIN M. T., Néron ou la fin d’une dynastie, trad. A. d’Hautcourt, Paris, 2002, p. 17. 24. SUÉTONE,

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